Pour cette dernière veille, j’ai opté pour un article du journal Le Monde publié le 15 janvier dernier. Le papier évoque le fait que le groupe audiovisuel Canal + laisse à l’écran Jean-Marc Morandini. Pour rappel, ce dernier a envoyé des messages à caractères sexuels à des mineurs entre 2009 et 2016. Il a pour cela été définitivement condamné pour corruption de mineurs le 14 janvier 2026. Et donc, comme il en est question dans l’article, le directeur général de Canal+, Gérald-Brice Viret, a décidé d’apporter son soutien à l’un des présentateurs phares de CNEWS, chaîne d’information en continu la plus regardée par les Français en 2025. Le journaliste présente son émission quotidienne du lundi au vendredi : Morandini Live.
J’ai choisi cet article car je trouve cela totalement ubuesque de garder à l’antenne quelqu’un qui a été condamné pour des actes aussi graves, j’assume entièrement mes propos.
Lorsque j’ai vu l’information circuler sur les réseaux sociaux, je n’y ai pas directement cru (tellement je trouvais cela surprenant) puisque je me méfie désormais davantage sur les sources (voir veille précédente). Puis, la nouvelle a circulé au sein de différents médias : https://www.20minutes.fr/arts-stars/medias/4196438-20260116-cnews-maintien-jean-marc-morandini-antenne-fait-grincer-dents, https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/sans-surprise-jean-marc-morandini-reste-sur-cnews-malgre-sa-condamnation-definitive-pour-corruption-de-mineurs-14-01-2026-3HFP4Z7E65BGHBEDOQRWKSQS2A.php.
Une fois l’information confirmée, je suis tombé sur cet article et je savais donc que je réaliserai mon travail dessus.
Cette décision du groupe Canal est si grossière que même un syndicat interne à l’entreprise se révolte et n’est en aucun cas d’accord avec cette décision. Il s’agit du groupe +Libres qui tient des propos forts : «Nous leur apportons notre soutien (aux victimes) et souhaitons qu’elles sachent que nous regrettons profondément la décision prise par le groupe. » Pourquoi ne pas faire entendre davantage leur mécontentement par des actions concrètes ? Ce soutien est louable mais n’a-t-il pas un intérêt trop limité ? Je suis conscient qu’une perte de son poste de travail peut freiner à l’action…
Cet acte du groupe, détenu par Bolloré, m’interpelle d’autant plus. Désireux de devenir journaliste de sport dans le but de commenter des événements sportifs je me suis parfois imaginé travailler pour Canal +. Or, ce genre d’actes de la part de la direction peut remettre en question cette envie de rejoindre une telle entreprise en raison des valeurs personnelles.
Ce sujet m’a amené à faire des recherches et j’ai ainsi trouvé un point de vue très intéressant, celui d’une journaliste de CNEWS, en l’occurrence Sonia Mabrouk. Proche des idéologies de l’extrême droite, figure de proue de l’empire de Bolloré, elle n’a pas hésité à critiquer cette décision ou du moins à marquer son désaccord, le mardi 20 janvier au matin, pour mon plus grand étonnement. « Je n’en dors pas depuis plusieurs jours », ce sont ces mots. Des paroles qui vont à l’encontre des intérêts de sa direction et de Vincent Bolloré.
Même si j’en doute très fortement, une liberté de parole pourrait-elle s’installer dans les médias détenus par le milliardaire ? Nous savons que les discours sur ces médias sont très orientés et dictés…
Si au sens juridique, rien n’oblige une entreprise (privée) a se séparé d’un animateur condamné, cette décision reste toutefois non-neutre principalement au niveau éthique. Nous savons que les médias participent à la définition de ce qui est acceptable dans l’espace public et peuvent par la même occasion normaliser certains phénomènes. (Cet article montre comment des médias, par leur couverture répétée et biaisée de sujets, ici la désinformation sur le climat, normalisent indirectement certaines idées )Ainsi, cette exposition quotidienne participe au banalement de tels actes selon moi…
À partir d’aujourd’hui il va être très important de voir l’évolution des audiences sur les émissions présentées par Morandini. Je serais très étonné que celles-ci ne baissent pas.
Laisser un commentaire