Thomas Sorin avec AFP
A Villers en Arthies (Val d’Oise), un policier municipal est soupçonné d’avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants de 9 et 13 ans à son domicile, avant de mettre fin à ses jours au moyen de son arme de service.
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C’est le nouveau compagnon de la femme qui a signalé samedi 5 mai dans l’après-midi que cette dernière ne répondait plus à ses appels, alors qu’ils devaient partir en week-end. Selon lui, sa compagne, avec qui il est en couple depuis un peu plus d’un mois, s’était rendue la veille au domicile de son ex-concubin, qui travaillait de nuit comme policier municipal et gardait leurs enfants.
Arrivés au domicile de ce dernier, les gendarmes ont remarqué la présence du véhicule de la compagne devant le domicile, dont la porte était verrouillée et les volets baissés. Une fois entrés à l’intérieur, les gendarmes ont trouvé les quatre corps sans vie, a indiqué le parquet de Pontoise dans un communiqué, confirmant une information du Parisien.
Selon les premiers éléments de l’enquête, confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles, le policier municipal des Hauts-de-Seine, âgé d’une quarantaine d’années, aurait conservé son arme de service. Il est suspecté d’être l’auteur des coups de feu mortels et de s’être ensuite donné la mort. Des autopsies seront réalisées, a ajouté le parquet, et les investigations se poursuivent pour confirmer les premiers éléments relevés ainsi que pour déterminer les raisons de ce triple homicide. Le parquet précise qu’il « n’existe aucun antécédent judiciaire de violences conjugales entre les ex-époux ».
Un village toujours sous le choc
Près de 24 heures après, Villers-en-Arthies, petite commune du Vexin de 500 habitants, digère le drame que « personne n’imaginait possible ici », selon une habitante. Depuis la mi-journée, des bouquets de fleur et bougies sont déposés devant l’habitation de la famille. Laurine, 23 ans, étudiante en droit à Paris mais voisine immédiate, est allée cueillir des roses dans son jardin « en hommage aux petites et à la maman ». Elle décrit «des voisins assez récents […] arrivés en couple avec leurs deux petites filles très gentilles ». « Ca me rend triste qu’une de mes meilleures amies finisse comme ça. Elle était gentille et elle était super drôle », soupire un jeune garçon, scolarisé en 5e comme l’aînée des deux filles dans un collège voisin. A ses côtés, une adolescente de 15 ans essuie ses larmes. « On se connait tous dans le village. On se croise tous, on traîne tous ensemble au stade ou au parc ». « Elle avait pas l’air d’avoir une situation familiale compliquée », dit-elle en évoquant la collégienne.
Dans un communiqué publié sur son site internet, la municipalité adresse ses « plus sincères condoléances » aux familles et proches des victimes et ajoute qu’elle « informera la population de toute évolution significative, dans le respect de l’enquête et des familles ». Une cellule psychologique est mise en place depuis ce lundi dans l’école primaire où était scolarisée la cadette, âgée de 9 ans, pour accompagner les élèves.
Pour rappel, cent-sept femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), un chiffre en hausse.