Ce mercredi, la patronne de Radio France Sibyle Veil était auditionnée à l’assemblée nationale dans le cadre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Tout en défendant la neutralité et le pluralisme du groupe, elle a annoncé une mesure forte : la mise en ligne d’un outil numérique fondé sur l’intelligence artificielle pour objectiver la diversité des antennes, dans un contexte de fortes pressions politiques.

Face à la comission d’enquête, Sibyle Veil a contesté l’idée d’un audiovisuel public partisan et rappelé que Radio France représente un coût limité pour les contribuables, « 80 centimes par mois et par Français ». Elle a reconnu l’existence possible d’erreurs ponctuelles à l’antenne, tout en soulignant qu’elles ne reflètent pas l’ensemble des programmes.
Pour objectiver le débat, la présidente a annoncé la mise en ligne d’un « baromètre du pluralisme », fondé sur l’intelligence artificielle, analysant les contenus de France Inter, franceinfo et France Culture. Cet outil mesure la diversité des thèmes traités et des profils d’invités, sans les classer selon leurs opinions politiques.
Cette audition s’est déroulée dans un climat tendu, la commission ayant été créée à l’initiative de députés UDR alliés au RN, après l’affaire Legrand-Cohen. Sibyle Veil a dénoncé l’instrumentalisation de certaines polémiques et affirmé que le pluralisme devait être évalué sur l’ensemble des programmes, et non à partir de séquences isolées.
Pourquoi avec choisi de traiter cette actualité ? Car elle illustre les tensions croissantes autour de l’audiovisuel public, au cœur d’enjeux démocratiques majeurs comme la liberté de la presse, l’indépendance éditoriale et le pluralisme de l’information. L’audition de Sibyle Veil et la création d’un baromètre du pluralisme montrent comment Radio France tente de répondre à des accusations de partialité dans un contexte de fortes pressions politiques, notamment de la part de l’extrême droite. Cette actualité permet ainsi de questionner le rôle du service public de l’information, sa légitimité, son financement et les risques d’instrumentalisation politique qui pèsent sur lui.
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