Décidemment, Elon Musk nous surprend tous les jours ! Après les réponses négationnistes sur les chambres à gaz, son IA « Grok » se retrouve aujourd’hui accusée de permettre la création d’images dénudant des femmes sans leur consentement. Bonne année 2026 !

Après de nouveaux signalements d’images à caractères sexuelles, l’intelligence artificielle Grok détenue par le milliardaire Elon Musk est sous le feu de multiples critiques et signalements.
Ces femmes, elles, auraient sans doute aimé commencer l’année autrement. Comme le rapporte, « Le Parisien« , de nombreuses utilisatrices de l’ex-Twitter affirment avoir découvert ces derniers jours des montages réalisés sans leur consentement par des hommes à l’aide de Grok, dans lesquels elles apparaissent déshabillées.
J’ai choisi d’effectuer ma veille info sur ce sujet car cette affaire m’a sidéré, notamment en lisant le témoignage de la streameuse Fafa sur le site de Franceinfo. Le soir du réveillon du 31 décembre, elle a posté sur X une photo d’elle pour montrer à ses abonnées sa tenue.
« J’étais assez contente de mon choix vestimentaire et pour souhaiter la bonne année aux copains sur X, j’ai posté la photo », explique-t-elle à franceinfo.
Mais quelques heures plus tard, en regardant les réactions à sa publication, elle constate que « trois ou quatre personnes s’étaient amusées à utiliser l’IA de X en vue de me dévêtir », raconte la jeune femme sidérée.
Comment se sent-on alors après de telles violences ? La streameuse explique se sentir impuissante. Elle a pourtant bien signalé ces images à X pour qu’elles soient supprimées, mais deux jours plus tard, elles étaient toujours en ligne.
En lisant ce témoignage, deux questions me viennent à l’esprit: D’abord : comment peut-on laisser passer ça en 2026 ? Là encore, Elon Musk me surprend de jour en jour.
Mais en laissant Musk de côté, une autre question se pose : qui sont ces personnes qui s’amusent à générer ce type d’images ? Là aussi, difficile de dresser leur portrait tant ils sont dissimulés derrière l’anonymat du web.
Sans trop de réponses à ces questions, je crois qu’on peut néanmoins constater que ce type de violence ne désemplit pas.
Et on sait qu’Elon Musk ne semble toujours pas disposé à se plier à une régulation stricte de ses plateformes. Il adopte même une posture particulièrement offensive face aux tentatives d’encadrement institutionnel. Ses prises de position publiques témoignent d’une opposition assumée à toute forme de contrainte réglementaire, notamment lorsqu’elle émane d’autorités européennes. Je me rappelle par exemple de ce qu’il avait dit après l’amende de 120 millions infligée à X par l’Union Européenne.
Cette hostilité s’inscrit par ailleurs dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne sur la régulation du numérique.
Rappelez-vous, le 23 décembre dernier, l’administration Trump a annoncé l’interdiction de séjour aux États-Unis de l’ancien commissaire européen Thierry Breton, figure centrale de la mise en œuvre du Digital Services Act. Si certains observateurs ont vu dans cette décision un geste politique favorable aux intérêts des grandes plateformes américaines, et indirectement à ceux d’Elon Musk. Il n’y a néammoins aucune preuve permettant d’établir une influence directe de ce dernier sur la décision américaine. Mais cette sanction s’inscrit plus largement dans un désaccord entre l’Union européenne et les États-Unis concernant la régulation des géants du numérique.
Ainsi, cette nouvelle actualité autour des plateformes d’Elon Musk me refait penser à beaucoup d’autres sujets d’actualités autour de lui ces derniers jours.
Toutefois, le milliardaire ne bénéficie pas partout du même rapport de force. Dans d’autres contextes politiques, comme celui de ces images à caractère sexuel genré par Grok, ses entreprises se trouvent davantage exposées aux contraintes réglementaires.
En Inde, par exemple, le gouvernement donne 72h à Grok pour répondre aux accusations concernant la diffusion de contenus obscènes, pornographiques ou sexuellement explicites générés par Grok. À défaut de mesures correctives, le groupe est menacé de poursuites pénales, comme le révèle RFI.
En France, le parquet de Paris a annoncé l’extension d’une enquête ouverte depuis l’été contre X afin d’examiner ces nouvelles accusations visant Grok. Trois ministres ainsi que deux députés ont saisi la justice, demandant le retrait immédiat de « contenus manifestement illicites ». L’Arcom a également été saisie au titre de possibles manquements de X à ses obligations prévues par le Digital Services Act.
Ainsi, face à la pression politique, Grok, a reconnu, vendredi 2 janvier, l’existence de « failles » ayant permis à des utilisateurs d’obtenir des images à caractère sexuel impliquant des femmes, et parfois des mineurs.
« Nous avons identifié des failles et les corrigeons de toute urgence ; la pédopornographie est illégale et interdite », a indiqué l’IA en réponse à l’interpellation d’un internaute, après plusieurs jours de signalements.
On peut donc imaginer que cette pression politique finira par faire bouger les lignes.
Enfin, petit fun fact, avant de refermer (déjà) cette veille info: Je n’ai trouvé aucun article sur ce sujet d’actualité dans les médias Bolloré. Je suis allé sur voir sur Cnews, Europe 1 et le JDD, mais je n’ai rien trouvé parlant de ce qui s’est passé sur Grok. Comme c’est bizarre ! Plus sérieusement, cette absence de traitement médiatique m’interroge sur les hiérarchies de l’information et les choix éditoriaux de ces rédactions.
Sur ce, je vous souhaite une belle année !!