Il n’a eu de cesse de les attaquer, que ce soit durant son premier mandat comme le relayait Le Point d’après un article de l’AFP, après comme le rapporte cet article du Parisien ou encore lors de son second mandat selon les éléments apportés par le média canadien 24heures. A noter que depuis 2017, selon le baromètre de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières, le score des Etats unis est passé de 76,12 à 65,87 et de la quarante-deuxième place à la cinquante-septième. Un classement qui bien que critiqué par la Maison Blanche en 2018 est cité par l’Agence Française Anticorruption comme indice de mesure en 2023.
Une offensive globale contre les médias
Il convient premièrement de revenir aux fonctionnements du système médiatique américain qui se base grandement sur la Commission Fédérale des Communications, l’équivalent de l’Arcom française. Le problème majeur étant rappelé par le New York Times suite a un signalement d’élus démocrates dénonçant que le terme indépendance n’apparaisse plus dans les préceptes de l’agence. Son Directeur, M.Carr s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet, confirmant une empreinte du milieu politique sur la commission. Ce ne sont cependant pas les seules attaques que nous pouvons répertorier. L’administration s’est évertuée à exercer une pression constante sur les journalistes et les médias les employant à l’image de Jimmy Kimmel qui a vu la diffusion de son émission suspendue quelques temps. Le nouveau moyen d’action utilisé par la Maison Blanche repose également sur le système d’accréditations. La Maison Blanche et le Pentagone se sont ainsi munies de deux chartes obligatoires sous peine d’être empêchés d’accéder aux institutions américaines. Deux chartes refusées par une partie non négligeable des grands médias américains et internationaux. Enfin, il est important de souligner que sur la page web officielle de la Maison Blanche a été créé un onglet « mediabias » (médias biaisés) faisant un pseudo inventaire de toutes les « fake news » -le mot préféré de Donald Trump- propagées par les médias. Une page bleue sur lequel apparaît le logo du média concerné et un filigrane rouge « exposed » puis des justifications fallacieuses.
Un questionnement quand à la nécessité de protéger les médias des structures de pouvoir
Les enjeux sont alors multiples et complexes. Il y a celui de l’indépendance des médias vis-à-vis de toutes les pressions qui pourraient intervenir, qu’elles soient issues d’un pouvoir politique ou issues de l’actionnariat des médias. Mais ça n’est pas tout, il y a aussi la question de l’accès nécessaire des médias aux institutions productrices d’information alors même qu’aux Etats-Unis, ces médias sont peu à peu remplacés par des influenceurs, professionnels de la communication souvent affiliés à Donald Trump. Ce dernier point vient également remettre directement en question la profession du journaliste puisque celui-ci perd peu à peu ses accès aux sources d’information primaire comme l’expliquait un autre article de la revue des médias de l’INA. Les médias publics français se sont d’ailleurs inquiétés dans une publication commune de l’amincissement de la frontière entre influenceurs et journalistes. Il ont également fustigé, reprenant des éléments de discours journalistiques classiques leurs lien avec les communicants.