L’Obs se faisait l’écho d’une dépêche AFP en 2024 questionnant la survie de l’Institut National de la Consommation. Et donc, par conséquent celle du magazine 60 millions de consommateurs ayant vocation à être « privatisé » selon les propos de la secrétaire d’Etat chargée du commerce de l’époque : Laurence Garnier. Cette décision avait alors mené plusieurs associations à défendre cet organisme et UFC-Que-Choisir, principal concurrent s’était proposé de racheter le titre. Depuis et, jusqu’en septembre, ces propos avaient été délaissés mais, à l’occasion du dépôt du Projet de Loi de Finances, le gouvernement a réaffirmé sa volonté en tentant cette fois-ci de l’inscrire dans le droit (article 71). Le 6 novembre, un amendement à été déposé par Arthur Delaporte afin d’empêcher cette dissolution (par la suppression de l’article 71 du projet de Loi de Finances pour 2026) comme le montre le site de l’Assemblée Nationale répertoriant les amendements déposés par les députés. Cet amendement, voté en première lecture à l’Assemblée Nationale a ensuite été rejeté par le Sénat ce 16 décembre, ouvrant la voie à la fin des publications de l’INC courant 2026.

Un contexte de crise pour les médias publics

Les médias publics français n’ont eu de cesse d’être attaqués ces dernières semaines. Cela s’inscrit dans le cadre de l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire portant sur la neutralité de l’audiovisuel public. A cela s’ajoute la question budgétaire, premier point d’échauffement entre Etat et défenseurs des publications de l’INC. Ainsi, l’Etat avance un argument économique corrélé avec un contexte de crise de la presse magazine. Cette suppression qui se veut de réduire les coûts de la production d’information par cet organisme issu de l’Etat n’est pas sans rappeler la polémique ayant frappé France Télévisions à la suite de la publication d’un rapport par la cour des comptes sur l’Etat de ses finances. Néanmoins, Libération questionne le coût de cette « liquidation » approchant le coût de fonctionnement annuel de l’Institut National de la Consommation.

De multiples critiques à l’encontre de cette décision

Cette fin programmée de l’Institut ne se fait néanmoins pas sans résistance puisqu’une soixantaine d’employés sont concernés. Plusieurs tribunes ont été publiées dont une par FO. De nombreuses voix s’élèvent, notamment dans le milieu journalistique via une tribune publiée dans Le Monde. Enfin, c’est tout un pan de la société qui s’oppose à cette décision vue comme une menace directe du service public pour Nouvelle Aube (média en ligne issu du groupe de presse turc d’extrême droite Yeni Safak) et considérée comme la fin d’un acteur majeur de la démocratie par le Journal du Geek car ayant permis de révéler plusieurs scandales parmi lesquels celui des eaux en bouteille Perrier.

L’INC, organisme multimédias

En définitive, la question posée est celle du budget que l’on alloue à des enquêtes coûteuses et indépendantes (pas de publicité), issues de médias du service public. Rappelons que l’INC, ce n’est pas que 60 millions de Consommateurs mais aussi Conso Mag sur France Télévisions. Enfin, il s’agit d’un repère identifié par les consommateurs comme organisme de confiance (en concurrence avec UFC Que Choisir) alors qu’une défiance croissante à l’encontre des autres médias est perceptible.

Une réponse

  1. Bon, je voulais du lien pour justifier les propos j’en ai.😀

    tu refait l’historique de la liquidation de 60 millions de consomateurs, c’est tres bien, cependant dans le choix de tes liens on retrouve énormément de références à des articles qui se contentent de citer un seul article https://www.humanite.fr/medias/budget/60-millions-de-consommateurs-le-senat-acte-sa-liquidation.

    Pourquoi ne pas t’être contenté de faire référence a celui-ci ?

    C’est bien de montrer que tu as multiplié tes sources d’infos, cependant là tu multiplies les liens pour (presque) rien.

    bref je ne peux pas te reprocher d’avoir cherché sur le sujet, et c’est très bien, par contre tu peux améliorer encore ton travail en travaillant sur le filtrage des sources.

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