Après plus d’un an d’existence, le modèle de langage du milliardaire américain Elon Musk persiste toujours à faire parler d’elle … en mal. L’Organisation Non Gouvernementale AI Forensics a pu établir à 53% la part des images générées par Grok durant les vacances d’hiver représentant des personnes partiellement ou totalement dévêtues. A noter que l’étude n’a pas encore été publiée dans son intégralité ce 06 janvier. Cette étude vient cependant s’ajouter à d’autres problèmes du même ordre. RFI parle ainsi d’une « colère du gouvernement indien » et Associated Press évoque des réactions du côté de la Malaisie et du Brésil. Du côté français, plusieurs réponses ont été apportées. Tout d’abord, un signalement de la part du gouvernement sur Pharos de la plateforme mais également un signalement à la justice par deux députés dont Louis Bothorel, en charge de la circonscription autour de Lannion.

Plusieurs autres affaires « Grok »

Grok n’est cependant pas connue que pour sa production d’images à caractères pornographique mais également pour sa production de contenus de désinformation. Le New York Times estime ainsi qu’elle aurait pu être utilisée pour générer de faux contenus parmi lesquels une image ayant beaucoup tourné sur les réseaux sociaux d’extrême droite jusqu’à être considérée comme fausse. Sans attribution possible avec certitude à la plateforme de Musk, on pourrait également trouver les images de liesse venant prétendument de Caracas repartagées par le compte Instagram « bergfrid_ » (se revendiquant comme journal géopolitique, associable à l’extrême droite) ou la chaîne Telegram Bellum Acta – Intel, Urgent News and Archives (se revendiquant agrégateur d’informations de droite) certaines ayant pu être comme le rapporte France 24 mal contextualisées. Mais, Grok, ce ne sont pas que des images mais aussi du texte et des sorties parfois problématiques sinon illégales, le modèle de langage se basant sur les données issues de X selon l’article de Stefanelli Graziano (master en droit et économie, aucunement spécialiste). Enfin, en association avec la question du modèle de langage, on peut relier Grokipédia qui se veut de concurrencer Wikipédia dont l’Ojim (association d’extrême droite) tente de se faire l’arbitre. Là encore, des dissonances entre réel et fictif sont à souligner, ce que fait Le Temps suisse.

Comment modérer un modèle de langage

Grok est en capacité de fabriquer une information de A à Z, des images au texte. La question résultant porte donc sur la façon dont on va modérer ce modèle de langage. Et le premier point de modération sur les algorithmes est de remonter à la source des informations qu’elles utilisent. Ainsi, selon les rapports de transparence de X, entre 2024 et 2025, le nombre de contenu modérés a fortement diminué : 15 300 000 contenus supprimés ou catégorisés en 2024 contre plus de 10 131 247 en 2025 selon les chiffres de X qui fait l’objet d’attaques régulières concernant son nombre de modérateurs qui n’a eu de cesse de chuter depuis le rachat du média en 2022. Une autre source de la diffusion d’information inexactes pourrait résider dans le code du modèle de langage lui-même. Le 14 mai dernier, le code de Grok avait été modifié afin d’aborder un thème récurrent dans le discours d’Elon Musk . Le dernier point de vigilance nous concerne tous puisqu’il va s’agir des prompts que l’on va rentrer. Ceux-ci peuvent permettre de jailbreaker (débrider) le modèle de langage comme l’explique cet article d’IBM, le fournisseur de solutions informatiques. C’est donc une action sur trois plans que doit entreprendre l’entreprise si elle souhaite éviter à l’avenir les polémiques.

Une inquiétude des médias traditionnels

L’humanité s’alarme d’un autre enjeu, celui de l’économie des médias, fortement menacée par l’arrivée de ces modèles de langage. Dans un article précédemment paru sur ce site, nous décrivions les enjeux apportés par l’arrivée des modèles de langage comme organisme de concurrence des médias et les associations s’organisant pour une meilleure maîtrise des contenus et de leur sourçage. Il ne faut cependant pas oublier qu’Elon Musk n’a eu de cesse d’attaquer les médias traditionnels dans la lignée d’une vision trumpiste qu’il soutient et qui s’attaque elle aussi aux médias.

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