Lors de cette veille informationnelle sur les médias, j’ai tenté de suivre une chronologie logique pour saisir les différents enjeux auxquels le journalisme fait face. D’une échelle large avec tous les médias en parlant des difficultés liées à la concentration des médias ou aux restructurations des médias, je me suis ensuite attaché à trouver un article qui montre les difficultés économiques auxquelles font face certains médias. Sur cette dernière veille info, j’ai décidé de m’attacher à un nouveau sujet qui ravive des débats au sein des rédactions : l’arrivée de l’Intelligence artificielle. J’ai donc choisi un article sur l’Intelligence Artificielle (IA), et plus précisément l’impact futur qu’elle pourrait avoir pour les médias s’intitulant : Face à l’IA, les médias ne pourront pas faire l’économie d’une profonde remise en question de leur mode de fonctionnement.
Cet article est tout particulièrement intéressant du fait de sa rigueur tout d’abord. En effet, publié sur The Conversation, un média indépendant qui permet de vulgariser l’information appuyée par des recherches scientifiques. De plus, cet article me semble être un bon objet d’étude car il évoque les enjeux que j’ai déjà évoqué sur les précédentes veilles et évoque un des enjeux principaux pour le journalisme de demain.
Tout d’abord, il faut comprendre la place que l’IA pourrait prendre dans les médias. “Quelque 80 % des médias déclarent déjà utiliser l’IA dans la production de leurs contenus d’information. Elle aide notamment à la rédaction d’articles pour 45 %, et la création de résumés pour 53 %.” nous rapporte CB News, qui montre déjà la place prépondérante de l’IA dans les médias.
Même si certains avantages sont évoqués, notamment en termes de gain de temps, les inconvénients restent nombreux. Quid de l’impact environnemental qui ne devrait cesser d’augmenter. Les Echos rapportent les inconvénients environnementaux qui devraient être croissants entre consommation énergétique, émissions de CO2 , pollutions, pertes de biodiversité (liste non exhaustive).
De plus, cela pose de réelles questions sur la transformation de la pratique. Outre la diversification des contenus et des formats, l’IA pourrait métamorphoser le rôle du journaliste en le transformant en simple vecteur d’informations selon le Siècle Digital qui s’appuie sur des études du Reuters Institute, très réputé sur les questions journalistiques. La 16ème édition de l’enquête « State Of The Media » nous rapporte que les journalistes se sont déjà emparés de l’outil puisqu’en 2024, « 17 % des journalistes du monde entier déclaraient se servir de l’IA » alors qu’en 2025, ce sont « 53 % des journalistes qui utilisent désormais des outils d’IA générative, et 14 % supplémentaires prévoient de commencer. »
Si l’IA s’impose au sein des rédactions, les stratégies et lignes éditoriales pourraient s’articuler seulement autour des algorithmes. Par ailleurs, l’IA pose de vrais problèmes éthiques et déontologiques. Qui serait responsable des articles si une erreur ou des propos tenus produits par une IA sont problématiques. Le cas de fake news et de photos générées par IA ne cesse d’augmenter et amène le journaliste à être plus attentifs. Cela passe aussi par une éducation aux médias et à l’intelligence artificielle comme le montre l’UNESCO en appuyant le besoin d’un esprit critique face à l’IA. En France, ces sites sont traqués par de nombreux médias face aux nombres de sites générés par l’IA, comme cela est expliqué dans le podcast Récits d’enquête. La violation des droits d’auteurs se pose aussi.
Ainsi, l’IA est selon l’article un potentiel levier de développement économique qui pourrait répondre aux difficultés économiques des médias. Or, il existe selon l’article le risque pour les médias “de sombrer dans des offres très low cost ou de devenir des fournisseurs des géants de l’IA”. Elle pourrait créer une forme d’uniformisation de l’information et des inégalités entre médias d’autant plus marquées si une dépendance à celle-ci venait à se créer. Les médias s’interrogent désormais fortement sur la question de l’IA afin de ne pas être dépassé comme la rubrique Meta Media de France Info, à travers des légiférations et des dispositifs techniques notamment. La question du label pour les articles générés par l’IA est notamment posée par divers acteurs comme Ouest France en 2025. Ces questions n’empêchent tout de même pas les médias d’investir massivement dans l’IA pour créer de nouvelles sources de revenus.