Hausse des prix, croissance à l’arrêt, aides ciblées… Le Premier ministre promet un “changement d’échelle” face au choc pétrolier provoqué par la guerre au Moyen-Orient, de nouvelles mesures de soutien économiques pour amortir les conséquences de la guerre et à une croissance nulle sont prévues.
L’incertitude géopolitique liée au conflit au Moyen-Orient, en particulier la menace sur le détroit d’Ormuz, pèse lourdement sur l’économie française. Après une croissance nulle au premier trimestre 2026 révélée par l’Insee en avril, le gouvernement français entend muscler ses dispositifs de soutien. Lors de sa déclaration à l’Assemblée nationale le 5 mai, Sébastien Lecornu, ministre auprès du Premier ministre chargé des Relations avec le Parlement, a assuré que des mesures plus ambitieuses seraient présentées « en début de semaine prochaine » pour atténuer l’impact.

graphique AFP (Sabrina Blanchard), 9 mars, Instagram
aussi: Pourquoi les prix du pétrole augmentent-ils autant (et est-ce que ça va durer) ?
Guerre au Moyen-Orient : impact direct sur le marché du pétrole et les prix à la pompe
Alors que le baril Brent dépasse désormais les 110 dollars, soit une hausse de 45% depuis le début de l’année, les tensions géopolitiques restent vives. Sébastien Lecornu a souligné un risque de reprise des hostilités dans la région, ce qui maintient une pression forte sur les marchés énergétiques.
Selon les analystes de Goldman Sachs, les pénuries immédiates menacent le kérosène et plusieurs matières premières pétrochimiques, avec des conséquences prévisibles pour les secteurs industriels et agricoles. Cette montée des prix alimente une inflation qui est passée de 1,1 % à 2,5 % en deux mois en France.
Des aides ciblées aux entreprises, pas de soutien direct aux particuliers
Contrairement à d’autres pays européens, le gouvernement français exclut pour l’instant le versement d’aides directes aux particuliers. Les mesures jusqu’à présent annoncées s’adressent aux secteurs les plus exposés : pêcheurs, agriculteurs, routiers et salariés dépendants du carburant pour leur activité professionnelle. Ces aides, d’un coût total estimé à environ 470 millions d’euros, devraient faire l’objet de premiers versements imminents.
« Le changement d’échelle » évoqué par Sébastien Lecornu devrait faire grimper la facture, sans que le montant exact ne soit encore connu. L’objectif est clair : éviter une cascade de faillites, freiner la récession et contenir la hausse du chômage.
Des finances publiques sous tension, entre aide économique et dépenses militaires
La guerre au Moyen-Orient pèse également sur les finances publiques françaises, avec un coût estimé à 6 milliards d’euros pour l’année 2026. Cette somme inclut notamment l’augmentation des dépenses militaires et le renchérissement de la dette, due à la hausse des taux d’intérêt et à l’inflation.
Pour respecter ses engagements sur le déficit public, le gouvernement devra « mettre en réserve » ou annuler des crédits publics à hauteur de 6 milliards d’euros, a précisé le Premier ministre. Les arbitrages entre ministères, ainsi que les réductions de dépenses sociales, devraient être annoncés prochainement, même si leur publication semble retardée.
Vers un futur économique incertain : « l’heure n’est plus au quoi qu’il en coûte »
Le gouvernement français admet que la période actuelle diffère de celle de la crise du Covid-19, qui avait conduit à un soutien massif et sans limite. Avec un endettement important et un déficit public élevé, l’exécutif privilégie désormais une approche plus mesurée, ciblée et sectorielle.