L‘animateur de Cnew de 60 ans, Jean-Marc Morandini, a été condamné mercredi 14 janvier à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris, pour corruption de mineurs. Il avait envoyé des messages de nature sexuelle à trois adolescents entre 2009 et 2016. CNews le maintient tout de même à son poste d’animateur.
Alors qu’en mars dernier, l’animateur CNews avait été condamné à 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, il avait fait appel. Résultat : la cour d’appel de Paris a finalement réitéré son verdict. Pourtant, la chaîne du groupe Canal+, propriété de Vincent Bolloré, apporte son soutien à l’homme de 60 ans. le directeur général de Canal+, Gérald-Brice Viret, à une rencontre avec la presse : « Jean-Marc Morandini est à l’antenne de CNews, et il y restera ».
Mais cette décision ne reste pas sans réaction, à l’image de +Libres, le syndicat autonome du groupe Canal+, ou encore Sarah Knafo. Si ces premiers ont communiqué, dans un premier temps, en apportant leur soutien aux victimes, ils se sont, dans un second, à juste titre, interrogés sur la légitimité et l’éthique de maintenir un déliquant sexuel sur la « première chaîne d’information en France « . La journaliste franco-tunisienne, elle, prend ses distances avec le pédo-délinquant. Face au député Socialiste Jérôme Guedj, elle annonce en direct « ne plus en dormir la nuit ».
J’ai choisi ce sujet pour ma veille info car j’estime que c’est l’illustration de l’absurdité croissante de cette chaîne. En effet, dès le rachat de Cnews (anciennement I-télé), Morandini a été nommé comme animateur, alors qu’il faisait déjà l’objet d’une mise en examen pour les faits pour lesquels il a été condamné. Suite à cela, de nombreux journalistes avaient donc quitté la rédaction. Mais après le « renouvellement » de la rédaction, les propos tenus par la chaine portent très (trop) sur les mêmes thématiques (Islam, immigration et sécurité), et la gauche est sous-représentée (diffusée la nuit pour les critères de l’Arcom). Si les chroniqueurs et journalistes, en plateau, sont problématiques par leurs propos, la direction semble donc suivre une lignée peu différente, en ne pénalisant pas un homme proche de la retraite ayant envoyé des messages à caractère sexuel à des mineures. Pourtant, CNews, en 2025, était la chaîne d’information la plus visionnée. Cela pose donc des questions : les téléspectateurs ont-ils conscience de qui ils regardent ? Si oui, cela est d’autant plus inquiétant, car à force, certains pourraient finir par normaliser les propos tenus par les dirigeants (du média), les journalistes, les chroniqueurs, mais aussi leurs actes hors antenne.